Commerce. Le Maroc menace de rompre sa coopération avec l’UE

Le Maroc reproche à l’Europe de ne pas permettre l’entrée des produits agricoles marocains sur le marché européen comme il le souhaiterait. | Service infographie
La coopération économique entre Union européenne et Maroc est en danger. Le Maroc reproche à l’Europe de ne pas permettre l’entrée des produits agricoles marocains sur le marché européen comme il le souhaiterait.

Le Maroc a menacé lundi de mettre fin à sa coopération économique avec l’Union européenne si le bloc n’applique pas un accord commercial sur les produits agricoles.

Dans un communiqué, le ministère de l’Agriculture déclare que l’UE devrait s’opposer aux mesures visant à freiner l’entrée des produits marocains sur le marché européen. Il ajoute que les accords entre le Maroc et l’UE assurent des milliers d’emplois et que leur remise en cause pourrait provoquer un afflux de migrants vers l’UE. « J’ai signé un contrat avec l’UE, je veux simplement savoir si cet accord est toujours d’actualité », a-t-il martelé.

La Cour de justice de l’UE (CJUE) a décidé le mois dernier que l’accord entre Rabat et Bruxelles sur le commerce des produits de l’agriculture et de la pêche ne s’appliquait pas à la région du Sahara occidental, contrôlée par le Maroc depuis 1976 après le départ de l’Espagne, alors puissance coloniale.

L’arbitrage de la CJUE fin 2016 avait débouté le Polisario, mais affirmé en même temps que le Sahara occidental (ex-colonie espagnole contrôlée par Rabat et dont le Polisario veut l’indépendance) n’était pas concerné par l’accord agricole, son statut n’ayant pas été arrêté par la communauté internationale.

Depuis lors, des associations pro-Polisario ont contesté des opérations commerciales entre le Maroc et des pays européens, concernant des produits venus du Sahara. Le Front Polisario, qui lutte pour l’indépendance du territoire, a présenté le jugement de la CJUE comme une victoire.

« Il y a eu un jugement. Il faut maintenant que les choses soient claires, sincères, sur l’avenir que nous voulons développer entre le Maroc et l’UE », a déclaré le ministre de l’Agriculture et de la pêche, Aziz Akhannouch.

« Nous avons un contrat commercial de libre échange, un partenariat gagnant-gagnant. Malheureusement, il y a des zones d’incertitude sur tout ce qui ce prépare à Bruxelles », a déploré M. Akhannouch. « Moi-même qui suis ministre de l’Agriculture, je n’ai pas compris jusqu’à maintenant la position de la Commission par rapport aux zones du sud ».

Ouest France