Rsf sur la libération du blogueur mauritanien : Nouakchott invitée à assurer la protection de Ould Mohamed


Risquant la peine de mort, le blogueur Mohamed Cheikh Ould Mohamed a été condamné à deux ans de prison en appel. Un verdict qui soulage Reporters sans frontière (Rsf) qui espère qu’il n’y aura pas un nouveau procès après le recours déposé par le ministère public. Cette organisation demande aussi aux autorités mauritaniennes de tout mettre en œuvre pour assurer sa protection.

La condamnation en appel à deux ans de prison du blogueur mauritanien Mohamed Cheikh Ould Mohamed, qui risquait la peine de mort, est un soulagement pour Reporters sans frontière (Rsf). Détenu depuis 2014 «pour un article jugé blasphématoire envers le prophète» et condamné en première instance à la peine de mort, le blogueur mauritanien a pu sortir libre du Tribunal jeudi dernier après son procès en appel.
Pour rappel, Mohamed Cheikh Ould Mohamed avait été condamné à la peine capitale après avoir été «reconnu coupable d’apostasie le 24 décembre 2014 par la Cour criminelle de Nouadhibou pour un article de blog publié fin 2013, jugé blasphématoire». Ceci, «malgré ses excuses publiques, niant avoir voulu insulter le prophète». Selon Rsf, «le 21 avril 2016, la Cour d’appel de Nouadhibou avait réitéré sa condamnation à mort mais en requalifiant les faits en “mécréance”». «Elle avait toutefois demandé à la Cour suprême de statuer sur la sincérité du repentir du blogueur. Cette dernière instance a alors décidé de renvoyer l’affaire devant une cour compétente, une nouvelle Cour d’appel, autrement constituée, qui l’a donc condamné à deux ans de prison ce jeudi et une amende de 60 000 ouguiyas soit environ 150 euros», a-t-on fait savoir dans un communiqué.
Il faut toutefois noter que «le ministère public a estimé que ce verdict était trop clément et a fait appel, réclamant de nouveau la peine de mort à son encontre». Tout en étant soulagé par ce nouveau verdict, la rédactrice en chef de Rsf espère «qu’il n’y aura pas un nouveau procès à son encontre après que le ministère public a fait un recours auprès de la Cour su­prê­me». Mme Virginie Dangles, qui soutient que «ce blogueur n’aurait jamais dû passer trois ans de sa vie en prison pour ses écrits», demande «aux autorités de tout mettre en œuvre pour assurer la protection de Mohamed Cheikh Ould Moha­med». C’est aussi le même sentiment d’inquiétude qui anime l’avocate du blogueur qui se dit «incertaine que son client puisse rester en Mauritanie en toute sécurité». Car d’après eux, «le vendredi précédant l’audience, une manifestation hostile au blogueur avait lieu dans les rues de Nouakchott, pour tenter de faire pression, à l’image des manifestations de milliers de personnes qui ont eu lieu à chacune des audiences».
dkane@lequotidien.sn

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